Jouer au golf quand on est handicapé, ce n'est pas chose facile. Et pourtant c'est un des rares sports où la personne en situation de handicap peut y prendre du plaisir, comme tout un chacun. C'est ce que veulent démontrer les étudiants en DEUST de la faculté des Sciences du Sport avec leur projet « Swing ton handicap », qui a démarré hier et s'achève aujourd'hui au golf du Sart.
Pour la deuxième année consécutive, les étudiants en DEUST de la faculté des Sciences du sport, à l'initiative de Françoise Pauquet, professeur de sport, se sont mobilisés autour du handicap et du sport. C'est tout naturellement qu'ils se sont tournés vers le golf puisque ce dernier permet de balayer les différences, avec comme exemple Nino Ourabah, handigolfeur au plus haut niveau, capitaine de l'équipe de France, championne d'Europe 2001.
Ce dernier a choisi de transmettre son savoir, avec l'aide de professionnels, à ceux qui ont envie jouer. Nino Ourabah, contacté par Françoise Pauquet, a répondu favorablement à ce projet. D'ailleurs il était déjà là hier, lors de l'initiation des élèves de quatrième, dont quatre handicapés du collège du Triolo, Le but de ce jeudi était, avant tout, de découvrir de façon ludique le monde du golf et de montrer que l'on peut pratiquer ce sport même handicapé. Répartis en plusieurs groupes et encadrés par les étudiants, les jeunes se sont essayés à tenir un club et à faire décoller la balle. Jean-Claude Banière, président de la Ligue Nord - Pas-de-Calais et responsable de la commission nationale handigolf, était également sur le practice. Un goûter a réuni tout le monde en fin d'après- midi.
Aujourd'hui c'est une rencontre handigolf unique en France qui se déroulera au golf du Sart. Un tournoi de 18 équipes composées de trois joueurs : un golfeur handicapé physique, un étudiant et un golfeur. •
> Compétition en Scramble puis Clinic des joueurs handigolf et remise des prix. À partir de 13 heures au golf du Sart.
HANDICAP
Ça « swing » au Sart
Publié le vendredi 17 avril 2009 à 06h00
Pendant deux jours, les étudiants de la faculté des sports de Lille organisent l'opération « Swing ton handicap ». Une manière de faire découvrir aux personnes à mobilité réduite et aux scolaires le golf, ce sport nourri de clichés.
MORAD BELKADI > morad.belkadi@nordeclair.fr
Il faut plus qu'une journée pour apprendre à maîtriser le club. « Il y a quatre étapes dans l'apprentissage du golf, explique Jean-Marc David, professeur spécialiste de ce sport. Réussir à toucher la balle est la première ». La tâche s'annonçait donc ardue, hier, pour les élèves de la classe de 4éme du collège le Triolo, où sont scolarisés quatre handicapés.
« On leur fait découvrir les différentes techniques. Il y a le swing, le mouvement du corps qui consiste à frapper la balle pour qu'elle s'envole au loin. Et le putting, où là il faut la rentrer dans le trou par des petites touches », indique pour sa part Vivien Cenkier, étudiant à la faculté des sports et membre de l'organisation. Pour lui, l'objectif de cette manifestation « est de prouver que le golf est un sport accessible à tous, malgré toutes les idées reçues que l'on peut avoir. » Au niveau du budget déjà : « Une licence de golf ne coûte pas plus cher qu'une licence de basket, assure-t-il. Après il y a le matériel, mais ça reste correct. Moi-même je suis étudiant, et donc pas énormément de moyen, et pourtant j'en fais depuis deux ans. J'arrive à me débrouiller avec du matériel d'occasion. »
« Valides et handicapés
sur le même terrain » Niveau physique, le golf ne nécessite pas non plus des compétences élevées. Jean-Marc David est formel, « quand vous finissez une partie vous n'êtes pas crevé comme au tennis ». Il faut surtout se familiariser avec une technique.
« C'est toute une pédagogie, lance Nino Ourabah, handigolfeur, capitaine de l'équipe de France championne d'Europe en 2001. Mais c'est ouvert à tout le monde ». Pour le champion, le golf à aussi une particularité qu'aucune autre discipline ne peut proposer : « Le golf est quand même le seul sport où personnes valides et handicapées peuvent être réunies sur le même terrain et disputer la même partie ensemble. Ailleurs, il y a toujours un décalage. » Aujourd'hui justement, pour la deuxième journée de l'opération, un tournoi de 18 équipes débute à partir de 13 h 30 au golf du Sart. Chacune des équipes sera composée de trois joueurs : un golfeur handicapé physique, un partenaire et un étudiant. Ensemble sur le même terrain.